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La Cite des Roms

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La Cite des Roms

Messagepar FranceBulgare » 22 Mai 2009, 08:20

Samedi soir (23/05) diffusion du documentaire La Cité des Roms de Frédéric Castaignède

Le documentariste Frédéric Castaignède a suivi une communauté de vingt mille Roms, dans la ville de Sliven,


Dossier de Presse:
Dans le ghetto de Nadejda, au coeur de la Bulgarie, où quelque vingt mille Roms vivent confinés derrière un mur
en béton, Angel Tichaliev et les autres militants de l’Organisation de la jeunesse rom, une ONG locale, mènent un
programme de déségrégation scolaire pour lutter contre les discriminations scandaleuses dont sont aujourd’hui
encore victimes les Roms. Pendant ce temps, dans le bar à soupe que tient Stefka Nikolova, véritable place
publique du ghetto, la campagne pour les élections municipales est au centre de toutes les passions. Dans cette
démocratie balbutiante, les Roms ont le droit de voter, mais tous les candidats cherchent à acheter leurs voix…
Image
Le quartier des Nus - © 2008.Arturo Mio
Notes du réalisateur:
Que sait-on des Roms ? On croit tout savoir, et finalement on ne sait pas grand chose, tant ils sont enfermés
derrière un mur de préjugés et de stéréotypes, qu’ils soient négatifs – mendiants, voleurs, sales… – ou
positifs : l’image exotique de l’éternel nomade libre et insouciant, musicien de génie ou danseuse passionnée…
A contre-courant d’une sempiternelle approche folklorique ou misérabiliste, j’ai voulu, à l’image de mes
précédents documentaires, réaliser un film politique. La chronique d’un ghetto rom, celui de Nadejda en
Bulgarie, métaphore de l’apartheid qui frappe aujourd’hui l’immense majorité des Roms d’Europe, mais aussi
parabole d’un combat universel contre toutes les formes de discrimination raciale.
De fait, j’ai construit ce film autour de deux protagonistes centraux extrêmement attachants et bien éloignés des
stéréotypes sur les Roms : Stefka, dont le bar à soupe constitue la véritable place publique du quartier, et Angel,
un militant rom qui se bat avec une conviction acharnée pour défendre les droits de sa communauté, et
permettre aux enfants roms d’être intégrés dans des écoles bulgares.
J’ai voulu montrer cette réalité d’une manière crue, âpre, immerger le spectateur dans une histoire articulée
autour du point de vue unique des Roms et dépouillée de tout commentaire ou interview. Avec l’espoir peut-être
de faire découvrir une autre image des Roms, et de faire reculer cette méconnaissance qui bien souvent suscite
l’incompréhension, la peur, les préjugés, l’intolérance. En bulgare, nadejda veut dire « espoir »…
Image
Hiver à Nadejda - © 2008.Arturo Mio
Les personnages:
Le film se concentre sur la question de l’école parce qu’elle renvoie directement au débat fondamental et
récurrent qui traverse la question rom, sur l’origine sociale ou ethnique de l’exclusion des Roms : qu’est-ce qui
relève de leur culture, de leurs traditions et qu’est-ce qui est lié à la société ? Le très faible niveau d’éducation
des Roms de Nadejda est-il lié au fait qu’ils ont été scolarisés dans des écoles ségréguées, ou au fait que
certains parents refusent d’envoyer leurs enfants à l’école par crainte d’une assimilation, d’un reniement à leur
culture ?
Pour éclairer ce débat, le film suit au plus près le travail des militants de l’Organisation de la jeunesse rom : une
ONG très active qui a mis en place à Sliven un programme de « déségrégation » scolaire, afin de permettre à
quatre cents enfants de Nadejda d’être scolarisés non plus à l’école du ghetto mais dans des écoles de la ville,
« bulgares », où le niveau est bien meilleur et où ils sont mélangés aux autres enfants, non roms.
Le personnage central est ici Angel Tichal iev, un des vingt-quatre coordinateurs roms de ce programme. Il
s’occupe d’une quinzaine d’enfants qui sont scolarisés à l’école n°5 de Sliven : la plus difficile en termes
d’intégration car c’est « l’école des bourgeois », là où l’élite des Bulgares envoie ses enfants.
Stela Kostova : Présidente de l’Organisation de la jeunesse rom, boule d’énergie et figure de la cause rom en
Bulgarie, elle se bat aussi désormais sur le terrain politique et est membre du conseil municipal de Sliven.
Entre Angel et Stela, le lien se fait autour d’une petite fille rom de 10 ans, Elena, dont Angel s’occupe dans le
programme de déségrégation scolaire.

Ecrit et réalisé par……. Frédéric Castaignède
Assistante réalisation….…… Léa Lamarque
Directeur de la photographie… Laurent Didier
Ingénieur du son………… Jean-Christophe Girard
Montage…………..……… Monique Dartonne
Musique……..……… Evgueni Galperine
Une coproduction………… Arturo Mio
Productrice déléguée...... Caroline Roussel ARTE France
Unité Documentaire......Thierry Garrel - Pierrette Ominetti
Avec la participation du …… Centre National de la Cinématographie
Et le soutien de………… La Procirep, société des Producteurs et de l’Angoa-Agicoa

le site officiel du film : http://lacitedesroms-lefilm.com/

Telecharger le dossier de presse: http://www.lacitedesroms-lefilm.com/dossier-presse.pdf
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Re: La Cité des Roms

Messagepar admin » 22 Mai 2009, 17:11

Dossier de presse du documentaire LA CITE DES ROMS:
Image
Sliven, une ville industrieuse de Bulgarie cernée de montagnes, la veille de la rentrée.
Dans le ghetto de Nadejda (“espoir” en bulgare), où s’entassent vingt mille roms derrière un mur de béton rehaussé de barbelés, une institutrice bat le rappel des petites troupes du cours préparatoire, au pas de course. Un plan séquence hallucinatoire, à travers les ruelles défoncées de ce quartier insalubre aux allures de bidonville. Précarité, rires et misère : ici, deux tiers des enfants ne sont pas scolarisés et les militants de l’organisation de la jeunesse rom, une oNG locale, comme le doux Angel Tichaliev, cherchent des solutions pour lutter contre la ségrégation scolaire.

DE L’INTéRIEuR
si les rituels hérités du passé perdurent – une cérémonie de rentrée sur le thème “chère patrie, tu es un paradis terrestre” –, les discriminations aussi.
en témoigne le tunnel qui relie Nadejda au reste de la cité. enclavée et ignorée, la communauté devient pourtant la proie de calculs électoraux pour les municipales,
objet de débats passionnés dans le bar à soupe de stefka Nikolova, alors que le maire sortant et son rival achètent en euros les voix des Tsiganes. “À contre-courant d’une approche
folklorique ou misérabiliste, j’ai voulu réaliser un film politique, métaphore de l’apartheid qui frappe l’immense majorité des roms d’europe, mais aussi parabole d’un combat universel contre toutes les formes de discrimination raciale”, précise le réalisateur. sans voix off ni commentaire, le film décrypte par la racine les mécanismes de la ségrégation. images et bande sonore d’une saisissante beauté, l’immersion éclaire de l’intérieur la culture rom, les mariages (quotidiens), au travers aussi de visages devenus familiers comme celui d’elena, petite fille rêveuse en quête d’intégration dans une classe à la froideur hostile.
Image
Place - © 2008.Arturo Mio
Sélectionné à:
Cinéma du réel (paris) 2009,
Visions du réel (nyon) 2009,
One World (prague) 2009

http://www.lacitedesroms-lefilm.com
Présenté par Romain Duris ~ documentaire
de Frédéric Castaignède (France, 2008, 1h37mn)
Coproduction : arte France, arturo mio
Image
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Re: La Cité des Roms

Messagepar Marie-Christine » 24 Mai 2009, 08:50

Un film Bouleversant !
Bravo au réalisateur de nous avoir montrer ce qui se passe de nous jour en Bulgarie (EUROPE)

Marie-Christine, Poitier
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Re: La Cité des Roms

Messagepar Mitko » 25 Mai 2009, 09:01

Oui encore reportage valorisant pour la Bulgarie !!!!
Trop c'est trop ! En France les seuls documentaire sur la Bulgarie, sont sur les Roms, les prostitues, les mac et maffieux..

Des reportage hors contexte de la situation... On a l'impression que les roms sont les seules oublies de Bulgarie. En Bulgarie tous les jour des jeunes hautement qualifies (docteur, avocats, et autres) partent au Etat Unis, au canada ou en Europe pour faire serveur, gardien pour pouvoir vivre convenablement...

A quand des reportages sur les bulgares qui remportent des concours internationaux de mathématique, de sciences ou de dessins (comme c'était le cas la semaine dernière)

Imaginer un peu si en Bulgarie on ne passait des reportage que sur les banlieue française, les prisons, les bandes organisées.......

En plus comme l'actualité fait bien les choses, on vois qu'en France même avec des moyen énorme, personne n'arrive a régler le problème des roms:
http://www.google.com/hostednews/afp/ar ... K9xUcxxuvQ

Donc Ok, un bon reportage (de belles images), des situations dramatiques des Roms, mais bon il faut relativiser.
Mitko
 

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Re: La Cité des Roms

Messagepar jeanlouisbg » 01 Juin 2009, 10:59

Bonjour à toutes et tous,

je vis en Bulgarie, à Varna et je suis plutôt d'accord avec Mitko.

Le problème des Roms est un cercle vicieux car ceux-ci ne font rien pour être aimés du reste de la population, ce sont de véritables experts en larcins de tous types et spécialement le pickpocket.

Je travaille dans le secteur immobilier et une des questions récurrentes des acheteurs potentiels concerne la présence ou non de Roms dans les environs de leur future propriété.

Je ne sais pas de quel côté devrait partir l'initiative mais j'imagine la vie des enfants Roms intégrant une école avec des enfants bulgares.

Peut-être faudrait-il créer des écoles primaires pour les enfants Roms dont les cours seraient donnés, dans un premier temps, par des professeurs qualifiés bulgares ou roms s'il y en a. Ensuite, ces enfants pourraient intégrer les universités où, je pense, les adolescents sont plus tolérants et après leurs études, ces jeunes roms pourraient éduquer à leur tour d'autres enfants roms et ainsi de suite...

Est-ce utopique ?

Amicalement,

Jean-Louis
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Re: La Cité des Roms

Messagepar admin » 01 Juin 2009, 13:36

Je pense que le reportage qui passera sur M6, mercredi soir 20h40 (3/06) sera intéressant :
Enquête Exclusive "Roms, Tziganes.. des vérités qui dérangent"

Car leurs situations n'est pas bien meilleures en France.....
http://www.m6.fr/guide-tv/enquete-exclusive/roms-tsiganes-des-verites-qui-derangent-jsp.html?id=gdp2_1075163

le problème n'est pas aussi simple qu'il ne parait.. ce n'est pas qu'une question d'argent
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Re: La Cite des Roms

Messagepar Mitko » 04 Juin 2009, 08:26

et oui le reportage d'hier soir était intéressant...

Certains camps roms de France ou d'Italie etaient assez proches des camps en Bulgarie (qui étrangement en Bulgarie se nommes Ghetto ! va savoir pourquoi )
Évidemment quelques roms s'en sortent (comme en Bulgarie), mais combien de millions d'euros pour quelques centaines d'individus...

Et encore une fois trop c'est trop ! dans le reportage on nous laisse pensée que le régime sévère pour le droit de travail ne s'applique qu'a la communauté roms de Roumanie et Bulgarie ! Faux, celui ci s'applique a tous les ressortissants Bulgares et Roumains !!!

en plus certaines méthodes étaient assez dérangeantes...."tous les roms dans un train escorté par la police, avec interdiction de descendre avant le terminus" Ca ne vous rappelle pas d'autres convois dans les années 39/45 !

Enfin le sujet est complexe, mais c'est intéressant d'avoir pu voir la situation dans les pays de l'ouest.

Mitko
Mitko
 

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Re: La Cite des Roms

Messagepar emilia » 26 Juin 2009, 15:08

Bonjour jeanlouisbg,

Je ne sais pas si vous êtes vraiment un bulgare et je ne sais pas si vous connaissez vraiment la réalité de MON pays???... j'espère pour vous que vous êtes un français mal renseigné ce qui est excusable...et si ce n'est pas c'est désolant. Arrêtons, de nous plaindre des Romes, regarder aussi les bulgares, surtout ceux qui nous dirigent…et posez vous la question : Qui devons-nous craindre vraiment ? Regardez le peuple Bulgare réduit en « esclavage », un peuple qui souffre mais qui ne réagit pas, qui râle mais qui ne se révolte pas…Est-ce que c’est par peur ou par un amour propre- individualiste qui s’est développé ces dernières années, je ne saurai dire…Et oui, les Romes sont tous ce qu’on veut et nous Jean-Louis, je vous rassure, nous ne sommes pas mieux.

Un petit mot pour Mitko, et oui…le peu de reportages que nous pouvons voir sur les télévisions occidentales dévalorisent La Bulgarie, sa beauté, sa pureté…mais encore une fois Est-ce que la MAFIA, la CORRUPTION, les MEURTRES, la PROSTITUTION ne sont pas un quotidien permanent ?
Me concernant, je suis heureuse de voir qu’il existe des personnes qui osent dénoncer ces réalités qui nous sont propres, alors que nous sommes tranquillement assit devant notre ordinateur en train de se plaindre encore sans réagir. Notre pays, notre peuple souffre mais personne ne l’entend.

Petite précision, je suis Bulgare de pure souche (je déteste cette expression), mais je me sens obliger de le dire...Je réside en Bulgarie et en France où j'exerce mon métier d'architecte...
Je suis sincèrement désolée si mes propos ont été durs mais ça me fait mal, mal pour mon pays, pour mon peuple entier.
emilia
 

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Re: La Cite des Roms

Messagepar Dimitar13 » 29 Juin 2009, 09:15

Bonjour Emilia,

Je comprend ta colère, mais je pense quand même que tu es trop dur...
Ok, la Bulgarie est gouverner par des mafieux, ok la corruption est énorme
mais je ne suis d'accord avec
un peuple qui souffre mais qui ne réagit pas

il y a des réactions, oui elles sont trop timide mais comment réagir quand tu dois penser au jour le jour, penser a faire vivre ta famille avec des salaires miséreux, penser a l'avenir de tes enfants sans aide de l'État.... mais il y a maintenant bien plus de manifestations

et autre chose regarde un peu aussi ce qui se passe en France: agression en bande organisée, meurtre, prostitution, dérive totale des banlieue, corruptions...

Donc ok pour ta colère (moi aussi çà me met en rogne) mais quand même c'est un peu des reportages faciles qui ne sont pas le reflet de la Bulgarie, j'aurai préféré un reportage un peu plus fouiller sur le quotidien des bulgares et dénoncent les magouilles de plus haut niveau .
Dimitar13
 
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Les Tsiganes de Sofia ne sont pas comme les autres

Messagepar Pat » 04 Aoû 2010, 23:21

Bonsoir,
Voici encore un article traitant du problème de Roms en Bulgarie:
Nous sommes le 30 juillet, à la périphérie d’une grande ville du sud de la Bulgarie. vnimanie_cigani.1280575507.JPGDevant un supermarché (d’une chaîne autrichienne) et plus précisément devant son distributeur de billets (d’une grande banque allemande) une étrange agitation a lieu. Des hommes, des femmes, des enfants se bousculent, s’interpellent, agitent leur petit bout de plastique ; ils sont tous dépareillés, ont les cheveux ébouriffées et des yeux de braise. Peut-être parce qu’il fait chaud, très chaud ici en cette saison de l’année ; peut-être aussi parce qu’ils sont tous des “hommes”, ou des Rroms. Ou plutôt des Tsiganes, comme on dit ici avec une petite moue de dégoût. Ou encore : des “bronzés”, des “Indiens”, des “poêles”…

On m’explique la raison de cette bousculade : c’est la fin du mois et l’Etat verse les allocations familiales. Et comme la Bulgarie est en train de devenir un Etat moderne, c’est désormais par voie électronique que se font les virements ; du coup la queue devant les guichets des administrations s’est déplacée vers les distributeurs automatiques. “Le Tsigane veut son argent tout de suite, dans la poche. Il ne fait pas confiance dans le banque, encore moins à l’Etat”, m’explique un ami. Depuis, tous les mois, c’est la même chose ici. La proximité du quartier tsigane (mahala), certains diront ghetto, explique cette affluence devant la grande surface autrichienne dont le parking se transforme à l’occasion en aire de pique-nique improvisée, certains n’hésitant pas à convertir leur levas sur le champ en bières (dans d’immenses bouteilles en plastique) et en saucisson à l’ail bon marché. “Evite de faire tes courses à ce moment-là”, me disent encore les Bulgares. Les Tsiganes vont-ils me manger ?! Haussement d’épaules, sourires.

Ici, les Tsiganes sont partout et leur présence suscite chez le visiteur une sensation immédiate - et violente - de dépaysement. Ils se déplacent toujours en groupe, comme surgis de nulle part, à pied, à vélo, parfois dans des charrettes. Et ils trimballent toujours un fatras d’objets improbables : ferraille, cartons, bouteilles en plastique et en verre… Je revois encore les yeux écarquillées de mes filles, fraîchement arrivées de Paris, devant ce gamin qui conduisait son attelage debout, torse nu, en criant à tue tête à son cheval bigarré. C’était à la sortie de Sofia, sur une bretelle d’autoroute et nous étions entourés de berlines rutilantes qui prenaient la route de la mer Noire…

e015a21430.1280575486.jpgIci, les Tsiganes sont partout et pourtant, ils n’existent pas. Du moins, pas dans la tête de mes interlocuteurs - sinon comme une entité diffuse et nuisible quelque part “à coté”, quelque part “ailleurs”. Dans un monde parallèle. Et les Bulgares s’énervent toujours lorsque, dans les médias étrangers, on parle des Roms comme s’ils étaient des Bulgares. “Pourquoi ne précise-t-on pas que c’est des Tsiganes ?”, disent-ils. Les Roumains, c’est la même chose, et c’est même officiel . Et pourtant, ces citoyens pas comme les autres ont exactement les même papiers d’identité - européens s’il vous plaît ! - que n’importe quel Bulgare ou Roumain… On peut en penser ce qu’on veut mais ici c’est comme ça. Et lorsqu’on se met à pérorer sur les Roms, on nous répond souvent : “OK, prenez les chez-vous alors, vous verrez ce que c’est”. Ou encore : “Venez vivre notre vie ici, et on verra ce que vous allez en dire”.

Comme en Roumanie, l’affaire des gens de voyage en France a fait quelques vagues en Bulgarie. Ou plutôt des vaguelettes, les commentateurs se bornant à reprendre les informations contenues dans les médias français. Rarement un sujet fait autant ressortir une telle différence d’appréciation ici et là-bas. Un vrai fossé. Les protestations des défenseurs des droits de l’homme en France sont perçus ici comme un exotisme, voire comme un luxe de pays riche. Sobre et martial, comme à son habitude, le ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov a parlé “d’efforts conjoints”, “d’échange d’informations” entre Sofia, Bucarest et Paris sur le nombre et l’identité des personnes concernées. Curieusement, le plus franc soutien aux agissement de l’Etat français est venu des organisations tsiganes elles-mêmes. “Nous soutenons sans réserve la France”, a déclaré Tsvetelin Kantchev, le représentant du parti Euroroma qui estime à quelque 150 000 les Roms bulgares présents sur le sol français. Selon lui, la plupart d’entre eux ne sont pas allés en France pour travailler, mais pour s’adonner au proxénétisme et autres délits. M. Kantchev a ensuite pris sa plume et a couché noir sur blanc ses déclarations dans une lettre qu’il a envoyé à l’ambassadeur de France à Sofia. De ce côté-là, les autorités françaises n’ont pas à s’inquiéter donc.

Dans la série des “deux poids deux mesures”, une violente critique a été néanmoins exprimée par le tabloïd Trud. “La Bulgarie ne fait pas suffisamment d’efforts pour intégrer ses Roms qui font l’objet de discriminations : c’est ce qu’on nous remâche sans arrêt à Bruxelles. Or, quand c’est la France qui déporte des Roms, y compris des Roms bulgares, la Commission européenne dit : on ne se mêle pas des affaires intérieures de la France”. Sinon, les médias ont rappelé que, jusqu’à présent, plusieurs opérations de rapatriement depuis la France ont déjà eu lieu, en direction de Sofia comme de Bucarest. Des opérations “chères et inutiles” dit la presse, parce que Paris a déboursé 300 euros d’aide au retour et un billet d’avion pour voir réapparaître ces mêmes personnes quelques mois plus tard sur le sol français. 9edd1b003e.1280575466.JPGCôté bulgare, on s’inquiète surtout des conséquences de cette affaire sur l’entrée de Sofia dans la zone de libre circulation Schengen. Les nationalistes, eux, ont pronostiqué que les Roms rapatriés de France iront immédiatement renforcer les milieux criminels en Bulgarie. Interrogés par une chaine des télévision bulgare des Tsiganes des quartiers roms “historiques” de Sofia ont affirmé qu’ils ne voulaient pas de ces expulsés : “Ce ne sont pas des gens de chez-nous, mais des Tsiganes des campagnes. Nous, à Sofia, on est différents”.

Une chose est sûre. Les danses, les chansons et les petits Roms aux yeux brillants chevauchant à cru des chevaux bigarrés n’existent que dans les rêves des enfants. Ou sur une bretelle d’accès à l’autoroute Sofia-Plovdiv, un soir de mai à la Saint-Géorges, lorsqu’on mange de l’agneau en plein air. Elderlezi dans la langue des Roms.

Article du Monde 31.07.2010 http://balkans.blog.lemonde.fr/2010/07/ ... r=RSS-3208
Pat
 

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